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S’éclairer sans se ruiner


Ampoules à incandescence, lampes “économiques”, éclairage halogène ou LED ? Combien et comment ?

Trente milliards. C’est le nombre d’ampoules qui s’allument chaque jour sur la planète. Et l’industrie en fabrique 10 milliards d’autres chaque année pour remplacer celles qui sont usées ou cassées. L’éclairage des pays développés ingurgite à lui seul 15% à 20% de la production mondiale d’électricité et émet plus de 2 milliards de tonnes de gaz à effet de serre.

A l’heure actuelle, un ménage belge consomme en moyenne 250 kWh par an pour s’éclairer, soit environ 3% de la consommation d’énergie attribuée à son logement. Pas énorme comparé aux frais de chauffage, mais quand même quelques centaines d’euros. Il pourrait en reverser une grande partie dans sa tirelire s’il misait sur les ampoules économiques.

Ampoule à incandescence

Première venue sur le marché de l’éclairage, l’ampoule “classique” à incandescence reste largement majoritaire dans nos habitations. Pourtant, c’est la plus gloutonne. Mode opératoire : un filament métallique enfermé dans une atmosphère gazeuse, parcouru par le courant électrique, est porté à très haute température afin d’émettre de la lumière.

Avantages

• Bas prix à l’achat

Le seul avantage de la lampe à incandescence était son prix dérisoire. “était” car, après les 75W et 100W, le modèle de 60W est frappé d’interdiction de vente dans l’UE depuis septembre 2011…

Inconvénients

• Consommation débridée et rendement dérisoire

L’ampoule à incandescence émet sur l’ensemble du spectre, jusque dans les infrarouges. Or, l’émission d’infrarouges n’apporte rien en termes de luminosité (c’est une fréquence que l’œil humain ne perçoit pas) mais il induit en plus une élévation importante de la température. On estime que 5% à 10% à peine de l’énergie consommée par une ampoule à incandescence est transformée en lumière (soit, en moyenne, 4W pour une ampoule de 60W), le solde se perdant en chaleur…

• Durée de vie limitée

Comme l’alternance chaud-froid ne lui vaut rien, la lampe à incandescence a une durée de vie terriblement limitée : environ 1 000 h de fonctionnement et puis s’en va.


Halogène

Plus récente, la lampe halogène est une version améliorée de la lampe classique : un filament de tungstène est enfermé dans une atmosphère gazeuse contenant des gaz halogènes.

Avantages

Lumière vive et chaleureuse

En fonctionnant à plus haute température, l’halogène dispense une lumière qui se rapproche de celle du soleil, plus éclatante et plus en adéquation avec la vision humaine. Par conséquent, l’efficacité lumineuse de la lampe à halogène est de 20% à 30% supérieure à celle de l’ampoule classique.

Inconvénients

• Consommation faramineuse et rendement faible

Une lampe halogène “crayon” de 500W utilisée chaque soir pendant 3 h consomme 550 kWh/an… soit plus que deux machines à laver ! Et si son rendement est supérieur à celui d’une ampoule classique, il reste néanmoins relativement faible.

• Durée de vie limitée

Environ 2 000 h de fonctionnement, soit à peine le double d’une lampe à incandescence : la durée de vie de l’ halogène est très limitée.


Fluocompacte ou “économique”

L’ampoule fluocompacte, communément appelée “économique”, a été produite dans les années 70, après la première crise pétrolière, lorsque des chercheurs ont eu l’idée de replier un tube fluorescent sur lui-même.

C’est une lampe tubulaire dont l’ampoule est tapissée de poudre fluorescente. Une décharge électrique traverse un gaz (vapeur de mercure) qui émet une lumière ultraviolette. Ce rayonnement est absorbé par la couche fluorescente et est converti en lumière visible.

Avantages

• Economique, comme son nom l’indique

Elle consomme 80% d’électricité en moins que celle à incandescence, dégage 80% de chaleur en moins et affiche une consommation 5 fois inférieure aux autres types d’ampoule. Soit une économie de près de 1 000 kWh jusqu’à son extinction ultime.

• Durée de vie enviable

La fluocompacte affiche une durée de vie jusqu’à 10 000 h.

• Investissement rentable

Elle s’annonce certes plus chère à l’achat (11?€?en moyenne contre 1,20 € pour une ampoule classique) mais la différence de prix est remboursée en 1 an seulement grâce aux économies d’énergie qu’elle permet. En France, une étude effectuée par EDF estime que la lampe basse consommation revient 2,5 fois moins cher que celle à incandescence.

Inconvénients

• Luminosité tristounette

Le grand reproche adressé à la fluocompacte est la chicheté de sa lumière. Plus pour longtemps : la lampe économique de dernière génération rayonne d’une luminosité très proche de celle de l’ampoule à incandescence.

• Mercure

Econome en énergie, la fluocompacte n’est pas pour autant “éco-efficiente”. Elle renferme du mercure — environ 10 mg si elle est frappée de l’éco-label européen. La France la classe même comme déchet dangereux depuis mai 1997. On ne doit surtout pas la casser ni la jeter dans les ordures ménagères. En cas d’accident, si elle se fracasse, il faut bien aérer la pièce pour en chasser le mercure. Sinon, tous les composants — poudre fluorescente, mercure, culots en aluminium et verre — sont recyclables. Il faut donc remettre son ampoule usagée à la collecte de petits déchets chimiques pour le recyclage.


Lampe à LED

LED, abréviation anglaise de “Light-Emitting Diode” (diode électroluminescente). Très schématiquement, la LED fonctionne sur la base d’un cristal semi-conducteur (une diode) qui, lorsqu’il est parcouru par un courant électrique, libère de l’énergie qui peut être directement transformée en lumière. Le tout pratiquement sans dégager de chaleur.

Le principe ne date pas d’hier et il était déjà en usage dans pas mal d’applications familières (veilleuses, tableaux de bord des voitures, télécommandes, écrans de télé et d’ordinateur). Les récentes avancées technologiques permettent à la LED d’investir le domaine de l’éclairage général où elle offre des potentialités tout simplement énormes. Ça part de spots à LED de 5 mm de diamètre de puissance assez faible, essentiellement réservés aux luminaires d’ambiance ou aux guirlandes de Noël. Ça va jusqu’à la nouvelle génération haute puissance, qui rivalise d’éclat avec l’ampoule classique et qu’on destine aux luminaires encastrés ou aux lampadaires.

Avantages

• Rendement sans équivalent

Le rendement de la LED haute puissance est de 10% à 25% supérieur à celui d’une ampoule à incandescence. Une étude du gouvernement américain arrive à la conclusion que les USA pourraient réduire de 29% leur consommation électrique en moins de 20 ans rien qu’en remplaçant les lampes traditionnelles par des solutions LED.

• Durée de vie quasi-illimitée

Entre 30 000 h et 100 000 h de fonctionnement : une longévité d’environ 20 ans en mode d’utilisation normale contre… quelques mois pour l’ampoule classique ! Mieux, la LED haute puissance conserve de 70% à 80% de son flux lumineux initial après 50 000 h de fonctionnement.

• Petite et résistante

Merci à son format mini, la LED se glisse vraiment partout. Et parce qu’elle fonctionne sans filament incandescent, elle s’avère plus résistante que l’ampoule classique.

Inconvénients

• Encore trop chère

Le grand handicap de la LED, c’est son prix. Pas tant parce que les éléments qui entrent dans sa composition sont nettement plus chers que par manque de volume. Le produit est très jeune et nécessite encore des améliorations . A lumière égale, une ampoule Led de 7W coûte 50 ? contre 6 ? pour son équivalent en halogène (50W). Mais le rendement de la LED (entendez “économie d’énergie”) et son incroyable longévité permettent de récupérer rapidement l’investissement.


En savoir plus ?

Cet article provient de "Energie", un magazine édité par Immoweb.mag et rédigé par la rédaction de Tu bâtis je rénove, le magazine n° 1 en Belgique dans son secteur. Le magazine contient plus de 35 articles sur le thème “Ma maison mon énergie, les stratégies gagnantes”.

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